La chaîne de blocs

La chaîne de blocs du système Bitcoin est un livre public qui enregistre les transactions. Elle existe en un grand nombre d’exemplaires gérés indépendamment par les nœuds du réseau, dont aucun ne joue un rôle privilégié.

L’opérateur de chaque nœud du réseau peut décider d’installer un « nœud complet » (full node) qui construit et tient à jour un exemplaire local de la chaîne de blocs. Il peut au contraire choisir de se contenter d’un nœud léger (lightweight node) qui fera appel aux nœuds complets voisins pour valider les transactions en utilisant le protocole SPV (simple payment verification).

Ces décisions étant totalement décentralisées, il est impossible de connaître le nombre de nœuds de chaque type. La seule population recensée en permanence par des sites spécialisés tels que blockchain.info ou bitnodes est celles des nœuds « à l’écoute » (listening nodes) qui au moment de la mesure acceptent des transactions et des blocs en provenance des autres nœuds. Leur nombre oscille autour de 6000 .

Les nœuds du réseau se comptent vraisemblablement en dizaines de milliers. Pour les nœuds complets et donc le nombre d’exemplaires de la chaîne de blocs, les estimations vont de 5 000 à 30 000, localisés dans 85 pays sur tous les continents.

Cette redondance assure la continuité de service. Chaque ordinateur peut se déconnecter ou tomber en panne sans mettre en péril le bon fonctionnement de l’ensemble du système. Quand il redeviendra opérationnel, le protocole de construction de la chaîne de blocs reconstruira automatiquement la portion manquante avec l’aide des nœuds voisins.

Tant qu’il a accès à Internet, un utilisateur trouvera toujours un nœud du réseau pour accepter et relayer une écriture, et il se trouvera ensuite un grand nombre de mineurs et de nœuds complets, situés partout dans le monde, pour l’inscrire et la rendre accessible dans leur chaîne de blocs, où elle restera toujours lisible en tout point du monde ayant accès à Internet, sans pouvoir être modifiée.

Cette même redondance, jointe au « principe de précaution » selon lequel chaque nœud du réseau vérifie la validité de tout ce qu’il reçoit avant de l’utiliser, rend impossible la propagation d’écritures frauduleuses. Toutes les erreurs et toutes les fraudes sont possibles sur un ordinateur particulier, qu’elles soient le fait de l’opérateur du site ou d’un pirate qui manipule ce site. Il est même possible qu’elles se propagent localement par contagion ou par connivence. Mais il est pratiquement impossible que cette pollution se propage à un pourcentage significatif des exemplaires de la chaîne de blocs, et encore moins à l’ensemble du réseau.